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Jeudi 15 Juin


Une journée pour parler de la maltraitance des personnes âgées

Le 15 juin a été instituée « journée mondiale contre la maltraitance faite aux personnes âgées ». L’occasion de braquer les projecteurs sur un sujet qui reste particulièrement tabou malgré les dispositifs mis en place et la meilleur formation des professionnels.

Les chiffres d’abord : Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et des chiffres datés de 2016, 1 personne âgée sur 10 serait victime de violences ! C’est énorme, c’est choquant, cela interpelle tout le monde… et pourtant l’amélioration tarde à venir. Et cela sans doute pour une raison toute simple, c’est que la part la plus importante de ces mauvais traitements a pour scène un domicile familial. La presse peut bien, de temps à autre, nous relater tel ou tel fait divers perpétré au sein d’un hôpital ou d’une maison de retraite (et elle a mille fois raison de le faire …) Il n’empêche que dans l’immense majorité des cas, c’est dans le silence d’une relation familiale et à l’abri des regards que se déroulent ces violences. (75 % des appels selon des chiffres Habéo de 2010)

Un état des lieux terrifiant

Qui sont les victimes de ces violences ? Le plus souvent des femmes très âgées, veuves. Le risque étant encore accentué si ces personnes souffrent de troubles cognitifs ou de handicaps physiques.
Qui sont les auteurs des violences ? Et bien pour une fois, la parité semble s’appliquer puisque hommes et femmes se partagent à parts égales la honte de la maltraitance. Dans 60% des cas, ce sont les propres enfants et leurs conjoints qui maltraitent sans que personne ne puisse savoir ce qui se passe derrière des fenêtres closes.
Au chapitre des motifs de violences, on peut évidemment citer des relations difficiles qui peuvent s’avérer très anciennes, mais aussi des problèmes sociaux ou financiers qui vont rendre insupportable la cohabitation avec la personne âgée et faciliter le passage à l’acte. La présence de drogue ou d’alcool dans le foyer sera quant à elle un formidable levier à la violence.
Enfin, c’est aussi la maladie lourde de la personne âgée, qu’elle soit psychique ou physique, qui va devenir centrale dans le ressentiment des enfants et « justifier » à leurs yeux, la maltraitance.
Quant aux actes de maltraitance, on peut les ranger en 3 catégories : la plus importante regroupe tout ce que l’on pourra appeler « violences psychologiques » (insultes, humiliations etc…) c’est aussi la plus souvent constatée ; la deuxième regroupe toutes les violences purement physiques (plus faciles à constater par un médecin) ; la troisième est synonyme de violences financières (privations ou détournement d’argent).

Le numéro de téléphone pour alerter : le 3977

C’est précisément pour permettre aux témoins de ces violences d’alerter les services compétents que le 3977 a été créé. Le numéro est géré par la Fédération Nationale de Lutte contre la Maltraitance et permet à une équipe pluridisciplinaire formée de psychologues, travailleurs sociaux et juristes, de recevoir et d’orienter les appels. Il convient aussi de signaler que les Conseils Départementaux accompagnent en général une association dédiée à ces maltraitances (on peut citer par exemple Alma 22 pour les Côtes d’Armor qui tient une permanence tous les vendredi)
La plupart du temps, ce sont les victimes elles-mêmes qui appellent pour signaler de mauvais traitements, mais la Fédération de lutte contre les maltraitances espère surtout pouvoir sensibiliser tous les témoins de situations violentes et d’une manière plus large encore, l’entourage et toute personne au contact d’une personne âgée.
La dénonciation de ces violences doit devenir une évidence ce qui est encore très loin d’être le cas puisqu’on estime qu’à peine un cas de violence sur 24 serait signalé.