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Maladie de Parkinson : l’espoir enfin. Conférence le 9/11 à Plédran

Le professeur Marc Vérin fait le point sur les avancées de la recherche jeudi prochain à Plédran

C’est le genre de diagnostic que chacun redoute d’entendre de la bouche de son médecin. La Maladie de Parkinson fait peur parce qu’elle touche à notre cerveau, à notre motricité, mais aussi à nos facultés sensorielles ou émotionnelles. La recherche n’a pourtant jamais été aussi proche d’aboutir. Des solutions sont attendues dans les cinq ans à venir.

En France, ils sont environ 200 mille à être victimes de la Maladie de Parkinson, ou plutôt "des" maladies... Car l’une des particularités de cette terrible atteinte à notre système neuronal est de revêtir de très nombreuses formes, engendrant des répercussions très différentes.
Mais si Parkinson inquiète, c’est en premier lieu parce que les signes avant-coureurs sont très difficiles à repérer : une fatigue un peu plus importante, une légère lenteur dans l’exécution de certaines tâches quotidiennes, une tendance à la déprime... Rien de très marquant !
Et quand enfin, les signes ont été suffisamment visibles pour qu’on s’en préoccupe, c’est pour constater que les dégâts occasionnés aux neurones concernés sont déjà bien avancés. (ce qui d’ailleurs ne change rien à l’évolution de la maladie)

Des causes génétiques, mais pas que...

C’est en 1817 que Parkinson met en évidence cette maladie qu’il qualifie tout d’abord de "paralysie agitante". Une maladie dont on peine à établir les origines, mais qui inquiète d’autant plus que la médecine est dépourvue de tout moyen d’action pour accompagner le patient.
La découverte, en 1912, des "corps de Lewy" du nom du scientifique qui travaille à prouver leur implication dans la maladie, marque une avancée sérieuse, mais c’est surtout au milieu du XX° siècle qu’apparait la donnée qui va fondamentalement faire avancer la recherche : chez les personnes atteintes de la maladie, les neurones chargés de fabriquer la dopamine, un neurotransmetteur indispensable à la régulation de la motricité, dégénèrent, produisant de moins en moins de dopamine.
Une nouvelle approche voit le jour en 1990, lorsque des chercheurs découvrent, dans une famille Grèque, que la maladie peut avoir une dimension génétique ! Il s’agit de la mutation d’un gêne et cette mutation s’avère particulièrement prégnante en Israël et en Afrique du Nord.

On a d’abord accompagné les malades ; on pourra bientôt les guérir

On détecte la maladie de Parkinson, en moyenne, autour des 55 ans, mais on peut également constater des cas beaucoup plus tôt, et même avant 20 ans.
Dans le cas de dépistages assez précoces, c’est à dire entre 45 et 65 ans, les traitement existants sont aujourd’hui nombreux et permettent aux malades de mener une vie à peu près normale et sans que leur espérance de vie s’en trouve notoirement diminuée. Il suffit de réguler la production de dopamine...
En cas de déclaration de la maladie plus tardive, les résultats peuvent être moins bons pour la simple raison que les neurones touchés ne vont pas être les mêmes.

Professeur Marc Vérin
Professeur Marc Vérin.

Mais les espoirs reposent aujourd’hui sur un vaccin dont les essais sont en cours. Leur cible : l’alpha-synucléine, une protéine normalement présente dans l’organisme mais qui dans le cas de Parkinson, va se solidifier au niveau de certains neurones et l’empêcher de fonctionner normalement, avant de l’anéantir totalement. Aujourd’hui les pistes poursuivies sont au nombre de deux, une voix "passive" (injecter des anticorps artificiels capables d’éliminer les dépôts d’alpha-synucléine) ou "active" (solliciter l’organisme, un peu comme un vaccin, pour qu’il repère de lui-même cet excès de protéine avant de l’éliminer).
Dans tous les cas de figure et même si ces pistes sont prometteuses à court-terme (c’est à dire dans les 5 ans qui viennent), on ne pourra sans doute pas encore parler de guérison, mais au minimum, de très fort ralentissement de la maladie.

La conférence du Professeur Vérin, neurologue, spécialiste de la maladie de Parkinson et Chef du service de neurologie du CHU Pontchaillou de Rennes, se tiendra Salle Horizon de Plédran le jeudi 9 novembre à 18H à l’invitation d’Harmonie Mutuelle Bretagne Normandie.