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Limites et bénéfices des dépistages précoces et des bilans de santé.

Alors que les spécialistes de tous bords s’écharpent pour savoir si oui ou non, il est utile ou pas, bénéfique ou parfaitement inutile, (voire néfaste) de procéder à dépistages précoces dans un certain nombre de maladies. L’heure est sans doute venue d’ouvrir le cercle de la discussion en écoutant ce qu’ont à dire sur ce sujet les partenaires-santé, au premier titre desquels, les mutuelles de santé, mais aussi les simples citoyens.

Comme le disait déjà en son temps le célèbre Docteur Knock « tout homme bien portant est un malade qui s’ignore » ! C’est sans doute fort de cette maxime, et plus sérieusement, pour permettre de prendre en charge le plus vite possible certaines pathologies, que le corps médical a multiplié ces dernières années les bilans de santé et les dépistages des cancers. Une démarche évidemment facilitée par l’amélioration permanente des outils de prévention et notamment l’impressionnant arsenal d’imagerie médicale.

Mieux vaut prévenir que guérir

Nul ne contestera que la mise en place généralisée de nombreux bilans et dépistages, notamment à partir de 50 ans, aura permis une très nette amélioration des résultats dans le traitement de certains cancers ; on pense au cancer du sein pour lesquels un diagnostic précoce est la condition première au succès des traitements. Il y a encore 25 ans, une femme sur deux guérissait d’un cancer du sein ; elles sont aujourd’hui 4 sur 5 à reprendre une vie normale, et cela grâce aux campagnes d’information. Dans le cas du cancer de la prostate en revanche, le moins qu’on puisse dire est que les avis sont partagés tant la balance entre avantages et inconvénients n’est pas décisive.

La crainte du surdiagnostic

Car le risque principal est d’abord de créer une anxiété inutile. Faute d’une efficacité avérée des bilans permettant une amélioration notable des traitements, le dépistage peut parfois être simplement synonyme d’angoisse. En outre, il peut être décidé de pratiquer des biopsies, voire même des interventions chirurgicales non dénuées d’effets secondaires, pour des cancers qui n’auraient que très peu évolué dans le temps. La question qui se pose est alors simple : qu’ai-je à gagner dans le dépistage d’une maladie qui a de fortes chances de ne pas évoluer ? Mais à l’inverse… qu’ai-je à perdre en pratiquant la politique de l’autruche .
A l’heure où l’on demande à chacun de devenir acteur de sa propre santé, il y a donc une certaine logique à ce que les citoyens aient voie au chapitre et cela passe d’abord par de l’information, du débat, de la confrontation d’expériences.

S’informer, débattre… et rencontrer les acteurs

Harmonie Mutuelle a engagé cette démarche à travers plusieurs rencontres dont la prochaine se tiendra à Vannes le 4 avril. L’occasion pour le public de rencontrer des spécialistes, mais aussi des acteurs de la mutualité… et surtout de pouvoir échanger avec l’ensemble des participants autour de ces questions fondamentales. L’objectif est clair : informer, rassurer, mais surtout ouvrir le débat en donnant des clés de compréhension. Car prévenir c’est désormais accepter l’idée que tout un chacun a le droit de faire entendre sa voix dès lors qu’il s’agit de sa santé.

Renseignements pratiques : Agora mutualiste (ouverte à tous), 4 avril 2017 de 18 h à 20 h à l’Espace Montcalm de Vannes, 55 rue Monseigneur Tréhiou. Inscription : isabelle.lenoir@harmonie-mutuelle.fr