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Les TER Bretons à l’écoute des besoins des seniors

En 2040, un Breton sur trois aura plus de 60 ans alors qu’ils ne représentaient que 23% de la population en 2005 ! C’est sûr… le paysage va changer et chacun va devoir s’y préparer. C’est dans cet esprit que la SNCF et le réseau des TER Bretagne ont lancé une vaste enquête afin de mieux comprendre qui sont ces papy-boomers et comment adapter l’offre de transports en région.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les seniors forment désormais une population à laquelle il va falloir prêter une attention toute particulière et cela pour plusieurs raisons ; la plus évidente est qu’en raison d’une diminution de l’attention ou de la mémoire, mais aussi d’un affaiblissement des capacités basiques telles que l’ouïe ou la vue, nos modes de fonctionnement actuels peuvent très vite s’avérer difficiles à vivre. On pense évidemment aux aménagements urbains, aux accès plus ou moins aisés, à tous ces lieux dépourvus d’endroits où s’asseoir, à ces marches parfois difficiles à franchir… Autant de petits « détails » qui peu à peu réduisent les déplacements des aînés, découragent toute envie de balade et contraignent les moins alertes à s’enfoncer un peu plus chaque jour dans l’isolement. Une tendance qui s’accentue une fois passée la barre des 80 ans.

Les recettes du bien vieillir ? On les connait !

Conserver autant que possible des liens avec la famille, les amis et l’entourage. S’impliquer dans la vie associative ou politique et d’une manière plus large, continuer à échanger avec les autres, qu’il s’agisse de ses propres enfants ou petits-enfants, mais aussi de ses voisins ou de ses concitoyens. Mais si les seniors Bretons peuvent (comme les autres…) subir quelques désagréments en raison de l’âge, ils y trouvent aussi certains avantages. A commencer par leur niveau de vie, nettement plus enviable que celui des « jeunes » de 45 à 55 ans. Ils peuvent ainsi afficher un + 30% par rapport à leurs cadets ! A eux seuls, les seniors représentent 50% de la consommation française !!!
Dernier élément pour combattre les idées reçues : d’ores et déjà, 63% des plus de 55 ans utilisent internet. Plus étonnant encore, chez les plus de 75 ans, ils sont encore un sur 4 à surfer sur le net ! Enfin, d’une manière générale, 1/3 des seniors utilisent les réseaux sociaux pour communiquer.
Reste que pour faire tout ça… il faut pouvoir bouger !

Une enquête de terrain de la SNCF pour prévoir les services de demain

On récapitule ? Des seniors plus nombreux, plus riches (en proportion du reste de la population…), mais aussi moins mobiles que les plus jeunes. Ce sont évidemment ces aspects qui intéressent particulièrement la SNCF. Car s’ils sont nombreux à déclarer trouver dans les transports collectifs confort, sécurité et tranquillité d’esprit, ils redoutent dans le même temps les bousculades, les chutes éventuelles, voire les agressions… et évoquent bien sûr toutes les difficultés d’accès (trottoirs, planchers de bus ou de trains trop élevés etc.)
Là encore, les faits sont parlants : lorsqu’il s’agit de prendre un train, sur une courbe de stress partant du départ de la maison jusqu’à l’arrivée à destination, les trois moments où le stress est à son apogée sont : le temps d’accès à la gare, (inquiétude concernant les horaires et la peur de rater le train) ; le moment séparant l’annonce de la voie et l’instant où l’on prend place dans le wagon (peur de se tromper, besoin de faire vite, peur de la bousculade, peur des marches…) ; et enfin la descente du train une fois arrivé à destination.

Alors, on fait quoi ?

Et bien pour l’instant, on se contente d’observer que la voiture reste encore très majoritairement le moyen de transport préféré des Bretons ( 70% des déplacements des seniors, contre seulement 10% pour les transports collectifs et 15% pour la marche à pied ). Il y a donc un véritable enjeu pour les années qui viennent. La SNCF devrait rendre public en avril prochain le fruit de ses travaux en proposant par la même occasion un certain nombre de mesures concrètes, cela afin de faciliter et d’encourager le recours aux transports en commun sur le territoire Breton. Les papy-boomers n’ont pas fini de faire bouger la société !