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La donation entre époux, pour protéger son conjoint

Cela fait évidemment partie des questions dont on remet souvent l’examen à plus tard... Et pourtant, le décès du conjoint est souvent lourd de conséquences pour celui qui reste. Successions, enfants, familles recomposées... la "vie d’après" peut vite devenir compliquée. La donation entre époux peut être une solution.

Réservée aux couples mariés, la donation entre époux ou donation « au dernier vivant » permet d’accroître la part de son conjoint dans sa succession. A la différence des autres donations, d’effet immédiat, elle prend effet au premier décès dans le couple. Elle porte sur les « biens à venir », ceux que détiendra le donateur au jour de son décès. Inutile, donc, de réviser ses dispositions à chaque fois que la composition du patrimoine est modifiée par un achat, une vente, un héritage… Autre particularité, la donation entre époux est consentie de manière réciproque : chacun des conjoints consent à l’autre une donation, dans deux actes notariés séparés. Le passage chez le notaire permet d’être bien conseillé et d’assurer la rédaction parfaite de l’acte. De plus, le notaire enregistrera les actes au FCDDV, le fichier des dernières volontés.

Des situations très différentes selon la composition de la famille

Au décès de l’un des conjoints, en l’absence de donation entre époux, pour un couple avec enfant, la situation est différente selon que tous les enfants sont communs ou pas. Dans le premier cas, le veuf ou la veuve a deux possibilités ; il peut exercer une « option » entre le quart de la succession en pleine propriété ou la totalité en usufruit. Dans le 2e cas, si le défunt avait un ou plusieurs enfants d’une autre union, le survivant n’a pas le choix : il reçoit le quart en propriété.
Avec une donation entre époux, quel que soit le schéma familial, le survivant a trois possibilités. Il peut choisir de recevoir soit le quart en pleine propriété et trois quarts en usufruit, soit la totalité en usufruit, soit la quotité disponible ordinaire (la moitié, le tiers ou le quart de la succession, selon le nombre d’enfants). Le notaire lui donnera les conseils nécessaires pour choisir l’option la mieux adaptée.
Si vous n’avez pas d’enfant, mais si vous avez encore vos père ou mère, ou des frères et sœurs, la donation entre époux permet aussi, dans certains cas, d’avantager votre conjoint. C’est donc un sujet à aborder avec votre notaire lorsque vous préparerez la transmission de vos biens.

Des répercussions aussi en matière fiscale

De plus, la donation entre époux permet le cantonnement. Il s’agit de la possibilité, pour le conjoint survivant, de réduire volontairement sa part dans la succession. Par exemple, il peut opter pour l’usufruit, mais en exclure un bien immobilier, qui de ce fait revient immédiatement aux enfants. L’opération n’est pas considérée comme une donation qu’il consent aux enfants, ni sur le plan civil, ni sur le plan fiscal.
Comme toutes les dispositions de dernières volontés, les donations entre époux sont révocables. Depuis une réforme de 2004, en cas de divorce, elles sont révoquées automatiquement, à moins que le donateur n’en décide autrement.
http://www.notaires-ouest.com/