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Famileo : le 1er réseau social… sur papier

Il y a ceux qui vous assurent que passé 80 ans on peut très facilement se mettre à internet et surfer sans fin sur les réseaux sociaux, et puis il y a la réalité… Les plus âgés d’entre nous sont nombreux à regretter les lettres et les cartes postales de vacances qu’ils recevaient des enfants ou des petits enfants. C’est en pensant à eux qu’une start’up de Saint-Malo a créé Famileo. Aujourd’hui 3 000 familles sont abonnées au premier réseau social sur papier.

Les bonnes idées naissent souvent d’une évidence. Et cette évidence-là est venue de la grand-mère de Tanguy de Gélis lors d’une visite de son petit-fils. Elle est connectée, équipée d’une tablette numérique, mais regrette tout de même l’époque où elle recevait des lettres et des photos. Toutes sortes de documents papier qu’elle pouvait ressortir à la demande, montrer aux amis, et surtout, conserver précieusement à portée de main. Tanguy, vite rejoint dans la réflexion par Armel de Lesquen, se dit qu’elle n’est sans doute pas la seule à nourrir ce regret et qu’il faut réfléchir à une solution capable d’allier les pratiques des plus jeunes et les envies des plus âgés.

Famileo pour resserrer les liens familiaux

En quelques mois de réflexion et d’étude de marché, une piste est trouvée. Simple, efficace et susceptible de satisfaire les uns et les autres. La grand-mère de Tanguy veut du papier ? Il suffit d’imprimer les messages et les photos qu’elle aurait reçus sur sa tablette ! C’est tout simple. Il va pourtant falloir batailler plusieurs mois pour convaincre les investisseurs qui se bornent, pour la plupart, à rire au nez de ces jeunes entrepreneurs auxquels est venu s’adjoindre Thomas Guillaume pour compléter l’équipe. « Cette idée nous paraissait évidente, mais la pensée dominante était que les séniors devaient se mettre au numérique » se souvient Armel. La réflexion va néanmoins se poursuivre, en appui notamment avec le Centre Hospitalier de Saint-Malo. Ce qui en ressort, c’est un journal individualisé, adressé directement à la personne âgée. Sur le papier, de 14 à 20 messages et photos envoyés directement via internet par la famille, mais mis en page par Famileo, puis imprimés sous la forme d’un petit journal.

Le journal de Germaine
Le journal de Germaine.

C’est le lien familial qui se rétablit

En septembre 2015, Famileo https://www.famileo.com est officiellement lancé, d’abord dans les maisons de retraite. Tous les lundis matin Famileo envoie les fichiers prêts à être imprimés à la maison de retraite qui n’a plus qu’à lancer l’impression et faire la distribution auprès des résidents abonnés. Le succès est immédiat et le bouche à oreille fera le reste… En décembre 2016, estimant que la machine est dorénavant suffisamment rodée, Famileo propose ses services à domicile. Pour ce faire, les concepteurs s’appuient sur une entreprise d’insertion Rennaise. Handirect imprime et envoie les journaux familiaux. A ce jour, 15 mille personnes utilisent les services de Famileo. La plupart sont bien sûr situés sur la Bretagne et le Grand Ouest, mais désormais la clientèle s’étend à la France toute entière, la Belgique, et le journal est en test au Canada !

Des preuves d’amour au quotidien

Trois formules sont proposées aux familles en fonction de rythme de parution : mensuelle, bi-mensuelle ou hebdomadaire, pour des tarifs au mois de 4,99 €, 9,90 € ou 17,90 €. Et ça marche, pour le plus grand bonheur de ces aînés, souvent isolés, qui retrouvent enfin une véritable proximité familiale. Un bonheur pour eux, mais aussi un sentiment de soulagement pour les enfants ou petits-enfants qui culpabilisent souvent de ne pas donner suffisamment de nouvelles à leurs parents ou grands-parents éloignés. Autre élément susceptible de rassurer tout le monde, Famileo est un réseau social privé qui ne revend pas ses données et n’accueille aucune publicité. C’est rare de nos jours… et plutôt sécurisant. D’autres évolutions sont encore à venir, pour améliorer le produit final, faciliter l’accès ou encore réfléchir à l’utilisation de la vidéo. Comme quoi, il y a des évidences qu’il faut savoir entendre.

Tanguy, Armel et Thomas
Tanguy, Armel et Thomas.

Voir en ligne : Familéo