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Contre le coup de vieux, le coup de fourchette.

Contrairement aux idées reçues, les besoins alimentaires ne diminuent pas avec l’âge. Les besoins des séniors en protéines sont même supérieurs de 20 % à ceux d’un adulte en activité ! Pourtant des phénomènes de dénutrition sont très souvent constatés chez les aînés, voire même des cas d’anorexie. Manque d’appétit, perte de goût, désintérêt culinaire… Un seul moyen pour enrayer la glissade : retrouver le chemin de la cuisine.

C’est un fait avéré, passés 65 ans la plupart d’entre nous avouent se trouver moins d’appétit et au minimum, manger plus léger. A cela on peut trouver différentes causes, à commencer par le fait que les enfants n’étant plus à la maison, l’envie de préparer les bons petits plats qui leur faisaient plaisir a progressivement disparu. D’autres aspects psychologiques peuvent aussi interférer, au premier rang desquels la disparition du conjoint. Mais comme souvent, c’est aussi le corps qui parle : passé 50 ans (mais bien sûr, de manière très progressive) le goût diminue, de même que l’odorat ; les muscles permettant la mastication se font moins puissants et les glandes salivaires produisent moins. Ajoutons à cela que certains médicaments peuvent aussi agir comme de véritables coupe-faim et on l’aura compris, les mauvaises habitudes s’installent.

Combattre les idées reçues


C’est d’autant plus regrettable qu’il faudrait faire exactement l’inverse ! Les besoins en protéines (viande, poisson, oeufs…) des séniors sont 20 % plus importants que chez des quinquas, tout simplement parce que le métabolisme se modifiant avec l’âge, le corps a plus de difficultés à stocker les protéines ou les lipides. Il doit donc en consommer davantage. Faute d’une consommation suffisante, la masse musculaire va fondre et engendrer un véritable cercle vicieux : moins de muscles, donc moins d’activités… moins d’activités, donc moins de muscles… De même, le calcium présent dans les produits laitiers ou la vitamine D empêchent la déminéralisation des os et retardent donc les risques de fractures. On pourrait ainsi faire une liste non exhaustive des vitamines, sels minéraux, omégas 3, 6 ou 9 que vont nous apporter les fruits et légumes, les produits de la mer ou les laitages. Autant de produits pourtant souvent délaissés. Alors, comment agir ?

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Passé 65 ans, il faut repenser son alimentation.

Et bien comme souvent, au lieu de rattraper les dégâts, commençons par les éviter ! Et cela peut commencer assez tôt. Il n’est pas inutile, dès la cinquantaine, de repenser son alimentation. C’est en tous cas ce que prône Sylvie Gautron, nutritionniste au Centre Culinaire Contemporain de Rennes qui travaille depuis plusieurs années déjà sur ces thématiques : « Il faut à tout prix conserver l’idée du plaisir dans l’alimentation ; retrouver le bonheur de faire ses achats, prendre le temps de préparer un vrai plat et surtout, varier son alimentation ». Car nos aliments font notre santé . On trouve dans les protéines des oligo-éléments indispensables à la préservation de nos facultés intellectuelles et immunologiques (zinc, iode, sélénium). Cerise sur le gâteau, ce sont aussi de formidables antioxydants, et donc de formidables anti-vieillissement !

Retrouver le plaisir de manger

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Ce que nous avons dans notre assiette doit non seulement être équilibré, mais aussi savoureux… et appétissant ! La question devient centrale dès lors qu’on parle de la restauration collective pratiquée dans les maisons de retraite. Des études ont démontré que laisser la possibilité aux résidents de pouvoir assaisonner leurs plats comme ils l’entendaient ou bien encore de proposer deux légumes au lieu d’un seul augmentait d’environ 30 % la consommation de viande. Dit autrement : un plat bien présenté et utilisant des produits qui ont du goût a plus de chance d’engendrer du plaisir ! Etonnant non ? Manger c’est vivre. Mais bien manger, c’est bien vivre… et c’est évidemment bien vieillir.