aller au contenu

A 70 ans, Jo Le Guen prépare une nouvelle traversée de l’Atlantique.

Si l’on a coutume de dire que l’on a l’âge de ses artères… les siennes ont été particulièrement bien conservées ! Après toute une vie consacrée à la mer, sous toutes les latitudes et par tous les temps ; après avoir traversé quatre océans à la rame et laissé ses orteils entre la Nouvelle Zélande et la Cap Horn, Jo Le Guen se prépare à reprendre la barre pour réaliser l’un de ses rêves les plus audacieux.

Marin, fils de marin, petit-fils de marin… Né à Molène il y a exactement 70 ans, Jo Le Guen fait partie de la grande famille des accros à l’air du large. En 2006, après sa dernière participation à une grande traversée à la rame, sans escale et sans assistance, entre le Sénégal et la Guyane, il était presque parvenu à se convaincre lui-même que l’heure était peut-être enfin venue de jeter l’ancre et de s’adonner aux plaisirs raisonnables de la retraite ! On ignore si quelqu’un l’avait pris au sérieux… Mois après mois, une idée à germé dans ce cerveau sur-vitaminé. Un « délire absolu » comme il aime à la répéter : s’installer à bord d’un bateau, sans rame, sans voile… et se laisser porter par les courants entre les Iles Canaries et les Antilles.

5 mois de mer, à la dérive

C’est qu’au-delà de l’amour de la navigation, Jo Le Guen voue aussi (et peut-être surtout) une passion sans bornes à la planète et à tous les écosystèmes qui la composent. Naviguer à la vitesse des courants présente pour le coup un intérêt scientifique inestimable et, à ce jour, jamais réalisé : permettre des mesures jusqu’à une profondeur de 200 mètres (c’est à dire à la limite de la pénétration de la lumière dans l’eau) et réaliser une cartographie complète des composants de cette masse d’eau, tout au long de ces 4 à 5 mois de dérive. Le projet a été baptisé Ocean Scanner et devrait embarquer 5 à 6 coéquipiers : marins, scientifiques et cinéastes, le tout à une vitesse de 0,8 à 1nœud de moyenne. Pour être en mesure de rester dans ces mêmes eaux jusqu’au bout, le bateau, un voilier démâté, traînera même dans son sillage un container, histoire de se ralentir encore un peu… Histoire aussi d’observer ce qui se passe sous ces « DCP : dispositifs de concentration de poissons », de plus en plus utilisés par les thoniers.

Le plancton produit la moitié de l’oxygène que nous respirons

Mais le premier élément à observer sera de toute évidence le plancton. La matière vivante la plus indispensable à la vie sur terre est aussi la moins connue du grand public ! Rien d’étonnant donc si l’une des premières personnes contactées par Jo L
e Guen aura été Pierre Mollo, une référence scientifique dans le petit monde de la biologie marine et spécialiste incontesté du plancton. Car le projet se veut à la fois scientifique et pédagogique. Il devrait s’appuyer sur la plateforme « Vidéosciences » réunissant une centaine de youtuber passionnés de sciences, le tout en relation avec le réseau « Ecole et Nature » et ses correspondants Bretons. Au final, il s’agit bel et bien, pour ce « grand-père », de sensibiliser les plus jeunes générations aux défis écologiques de demain, en pratiquant la science et la découverte à hauteur d’homme et en permettant aux enfants de partager l’aventure en temps réel.

Vers un financement « carte vermeille » ?

Evidemment, l’opération a un coût ! 150 000 € seront nécessaires pour mettre à flot le dériveur, étant entendu qu’aucun membre de l’équipage ne touchera de salaire pour cette traversée…
Alors, tant qu’à entreprendre un projet aussi délirant à 70 ans, pourquoi ne pas chercher aussi à la faire financer par ses pairs ; c’est à dire par tous les retraités bretons (et autres… on n’est pas sectaires !) qui voudront donner corps et vie à cette formidable aventure.
L’aventure serait double : scientifique et humaine. Une manière de prouver qu’une fois quitté l’âge de la vie professionnelle, on est encore capable de s’engager pour les autres, soit en prenant la mer, soit en apportant son obole au projet.
Une opération de crowdfunding sera lancée en septembre. Tempo Breizh vous le fera savoir en temps et en heure, mais d’ores et déjà, parlez-en dans vos réseaux pour que cette opération soit un succès.
En attendant, les préparatifs scientifiques et techniques se poursuivent. Rendez-vous en septembre.

Pour en savoir plus : http://www.oceanscanner.fr/